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Transcription de la vidéo :
Salut, chers amis, et bienvenue dans cette nouvelle vidéo de café… Ooh, c’est chaud ! Je vais tenir mon café par la anse !
Bienvenue dans cette vidéo de Café avec Johan ! Alors, juste pour partager avec toi un peu les coulisses, j’enregistre cette vidéo pour la deuxième fois. J’ai eu un problème technique avec ma caméra : j’avais enregistré ma vidéo tranquillement et, au bout de 30 minutes, tout s’est coupé ; donc, inutile de te dire que j’ai un peu de frustration, d’autant plus que j’ai des processus très clairs pour éviter ces problèmes. J’ai aussi deux micros : j’ai un micro ici, un micro là, pour être sûr de ne pas perdre le son en cas de souci. Mais j’ai eu ce problème technique, et ce n’est pas grave, ça va être un plaisir pour moi de te parler aujourd’hui d’un écrivain français dans le cadre de « Café avec Johan », ces épisodes qui sont un peu plus longs que les autres, où il n’y a pas énormément de choses à voir, mais je t’enseigne à travers la culture française, notre belle langue. Et aujourd’hui, je voudrais te parler d’un homme qui est mort il y a plus de 300 ans, mais dont certaines phrases m’aident encore aujourd’hui à penser, à réfléchir.
Tu sais qu’on vit dans un monde connecté, on est tout le temps connecté, soit avec nos smartphones, soit avec nos tablettes, nos ordinateurs, et on a tendance à suivre beaucoup de contenus courts et beaucoup de contenus dans lesquels les gens donnent des opinions.
On est beaucoup en mode réaction, on réagit beaucoup, on analyse beaucoup, mais on n’est pas beaucoup en mode « je pense par moi-même ». Et l’écrivain dont nous allons parler m’aide à reprendre un peu la main sur mes pensées. Je vais te donner son nom dans un instant, tu le connais peut-être, ou peut-être pas, mais je peux déjà te dire qu’il a été duc, donc c’était un noble français ; il a été soldat et il a changé de voie après sa carrière politique et militaire, et il est devenu écrivain.
Il est surtout connu pour un livre qui est composé de maximes. Les maximes, on va le voir, ce sont des phrases très courtes. Donc, je vais déjà te parler de cet écrivain, te dire qui il est, t’expliquer ce qu’il a écrit, et je vais partager avec toi cette maxime, donc cette phrase courte qu’il a proposée, et je vais essayer de t’aider à les appliquer dans ta vie personnelle. Voilà un peu le programme d’aujourd’hui.
Donc, prends un café comme moi, installe-toi confortablement, ou marche si tu préfères, seulement écouter cet épisode.
On va voir un peu plus de 20 minutes ensemble. Il y a quelques années, après une journée difficile, je suis tombé sur une phrase de cet écrivain. Et cette phrase courte, tu vois, en une ligne, a dit quelque chose, ou a résumé quelque chose que j’essayais d’exprimer moi-même depuis plusieurs mois. Et à ce moment-là, je me suis dit : mais comment quelqu’un qui est mort depuis 350 ans peut décrire exactement ce que je ressens ?
Et tu vas voir, quand je vais te parler de cet auteur et de ses maximes, de son œuvre, tu vas voir que ces phrases, c’est parfois comme des petits miroirs. C’est-à-dire qu’on les lit et ce n’est pas qu’elles nous donnent une réponse à une question qu’on se pose, mais souvent, elles nous permettent de nous voir. On a l’impression, on se dit : « Waouh ! » En lisant cette phrase, j’ai l’impression qu’il lit dans mes pensées et qu’il sait ce que je ressens. Et ça nous aide à nous regarder honnêtement.
Alors, cet écrivain, tu l’as peut-être deviné déjà, un écrivain célèbre pour ses maximes, c’est François de La Rochefoucauld. C’est un peu long. François, c’est son prénom, de La Rochefoucauld. On dit « o » à la fin, on ne prononce pas le « ld » qui sont muets.
François de La Rochefoucauld. Et il était, je vais te parler de lui un petit peu, c’est quelqu’un qui est né à Paris en 1613, il était duc, donc il faisait partie d’une famille de la haute noblesse, et il a participé à la Fronde. La Fronde, c’était une grande révolte des nobles contre le pouvoir royal à une époque, pendant laquelle Louis XIV était enfant, et c’est sa mère et le cardinal Mazarin qui gouvernaient à sa place. Et ça a profondément marqué Louis XIV, cet événement, il a toujours été très, très, très méfiant vis-à-vis de la noblesse à cause de cette Fronde. Et on parle de tout ça en détail dans le module de l’Académie Française Authentique sur Louis XIV.
Donc, François de La Rochefoucauld, il a participé à la Fronde, il a été blessé deux fois au combat, la deuxième fois, il a failli perdre la vue, la Fronde a échoué, il est rentré chez lui, et il a vu de près ce qu’était l’espèce humaine à bien des égards. Il a vu qu’il y avait des mensonges, des trahisons, qu’il y avait des flatteries, qu’il y avait des ennemis, des amis qui devenaient ennemis, des héros qui devenaient lâches. Et il s’est dit : « Mais pourquoi les gens sont comme ça ? » Et : « Est-ce que moi, je suis comme ça ? » Et c’est comme ça, c’est de cette manière-là qu’il a travaillé sur un livre qui allait le rendre célèbre.
Donc, il va au départ fréquenter les salons, et notamment celui de Madame de Sablé.
C’était des réunions dans lesquelles on discutait, on échangeait sur le monde, on lisait. Et c’est dans ce climat qu’il va rédiger son livre, qui va paraître en 1665 sous le titre « Réflexions ou sentences et maximes morales ». Et aujourd’hui, on l’appelle les maximes.
On parle des maximes de La Rochefoucauld. Il va enrichir le livre jusqu’à sa mort en 1680, et la version finale contient environ 500 maximes. Donc, énormément de contenu dans ce livre, et en fait, il ne crée pas les maximes à partir de rien, mais il en fait une forme littéraire très puissante, très précise. Les maximes, ça existait déjà, mais c’est vraiment lui qui va affiner des phrases encore et encore, et ça va devenir une grande figure du moralisme français.
Un moraliste, ce n’est pas un écrivain qui fait la morale, c’est un écrivain qui décrit les vraies motivations de nos actes, donc qui essaie de nous comprendre, de comprendre les êtres humains. Des auteurs comme Voltaire vont beaucoup admirer son travail, et ce qui est sûr, c’est que l’art de Rochefoucauld a vraiment marqué durablement la langue française par son art de la formule.
Et je pense personnellement que François de La Rochefoucauld devrait être beaucoup plus connu, il devrait être beaucoup plus enseigné aussi à l’école. Alors, qu’est-ce qu’une maxime ? Parce que je t’ai parlé des maximes de La Rochefoucauld. Une maxime, c’est une phrase courte qui dit une vérité générale sur la vie ou sur les humains. Et, en général, une maxime, elle a une à trois lignes maximum, c’est très court, c’est bien souvent, ça va droit au but, il n’y a pas de contexte, on ne dit pas : « voilà ce qui s’est passé avant, ce qui va se passer après », on ne renvoie pas à d’autres paragraphes du livre, non.
Une maxime n’a pas de contexte, elle se suffit à elle-même, et en gros, tu la lis, tu réfléchis, tu refermes le livre.
On pourrait dire que les maximes, ce sont les tweets du XVIIe siècle, des choses courtes, une idée dense, condensée, en peu de mots, et qui frappe. Parfois, il a retravaillé les maximes pendant des mois, voire des années, il les réécrivait, il les simplifiait, il était très axé sur l’amélioration de ces maximes pour qu’elles soient plus courtes et plus précises.
Alors, je sais que vous allez être nombreux à me demander : « Johan, est-ce que c’est difficile à lire ? » Par exemple, si j’ai un niveau B2. Et la réponse honnête, c’est oui et non. En fait, le vocabulaire, par endroits, il est un peu ancien. Donc, parfois, au lieu de dire « qualité », il va parler de « vertu ». Au lieu de parler de « défaut », il va parler de « vice ». Donc, parfois, le vocabulaire est un peu complexe. Tu vas le voir quand je vais te lire des maximes.
Et, d’un autre côté, comme les phrases sont courtes et qu’on peut lire, par exemple, juste une maxime par jour, eh bien, ça te permet de pouvoir consommer le contenu petit à petit. Ce n’est pas comme Emile Zola, par exemple, où tu dois lire des longues descriptions. Là, tu peux lire quelques phrases courtes et déjà apprendre quelque chose.
Ce n’est pas un livre qu’on lit en entier. On peut l’ouvrir au hasard, lire quelques phrases qui n’ont pas de lien les unes avec les autres, et il n’y a pas de pression, finalement. Donc, c’est un livre que tu peux facilement consulter pendant tes temps morts, et il te sera vraiment très utile.
Tu peux tout simplement chercher, tu tapes « maxime La Rochefoucauld » sur Google, et tu vas trouver plein de versions.
Il y a même le texte gratuit qui est en ligne parce que le texte est mis à disposition en ligne gratuitement, parce que c’est dans le domaine public. Donc, tu peux le retrouver sur Wikisource ou même sur le projet Gutenberg, où tu peux écouter parfois certaines maximes ou certaines parties sur YouTube.
Avant de te lire cette maxime et de te les commenter pour que tu les comprennes bien, je voudrais te donner l’avertissement de La Rochefoucauld au lecteur.
Et en fait, dans son livre, il écrit un avis au lecteur et il joue avec une idée fine. Il dit que nous acceptons facilement ces maximes quand elles parlent des autres, mais c’est beaucoup moins facile pour nous de les accepter quand elles parlent de nous. Donc, tu vois, c’est de l’humour d’un côté, mais d’un autre, dès son avis au lecteur, il nous fait passer un message et nous donne une clé. Souvent, on accepte les maximes parce qu’on se moque des autres, mais on n’aime pas se moquer de nous-mêmes.
Donc, voici sept maximes de La Rochefoucauld, tu vas voir, qui sont simples. Je vais te les lire, je vais te les reformuler, te les expliquer, donner des exemples. Et c’est pour donner une application, parce qu’on est là aussi pour apprendre, pour améliorer sa vie. Et donc, en suivant les exemples d’amélioration, d’application, on arrivera à nous-mêmes à devenir de meilleures personnes. Et je suis le premier à essayer de le faire.
Donc, la première maxime que je voulais te présenter, c’est « L’amour propre est le plus grand de tous les flatteurs ». L’amour propre, c’est le fait de s’aimer soi-même, et un flatteur, c’est quelqu’un qui flatte.
Si je te flatte, je vais te dire : tu es vraiment très intelligent, tu es super sympathique, c’est un honneur pour moi de te connaître. Là, je te flatte, je donne plein de compliments pour que tu te sentes bien et pour que tu m’apprécies. C’est ça, flatter.
Le terme « flatter » est un peu négatif parce qu’en général, on le fait pour manipuler les autres. Et donc, l’amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs. Ça veut dire que le pire menteur qui dit du bien de nous, eh bien, c’est nous-mêmes. Le pire menteur, c’est nous : on se ment à nous-mêmes.
Par exemple, un exemple du quotidien, ce serait de se dire qu’on a réussi quelque chose parce qu’on a du talent.
Et pas parce qu’on a de la chance. Et je vais te donner un exemple personnel, parce que j’ai été très influencé par le travail de Nassim Nicholas Taleb, qui a par exemple écrit « Le hasard sauvage », « Le cygne noir », « Antifragile », « Jouer sa peau ». Et en fait, une des choses qu’il dit, c’est que le hasard a un rôle énorme dans nos vies. Il y a beaucoup de choses qui viennent du hasard et nous, en tant qu’êtres humains, on se raconte des histoires et on veut donner un sens au hasard. Donc, on explique que ce qui nous arrive, c’est 100 % grâce à nous. Et moi, je pense qu’il y a, comme d’habitude, un équilibre entre les deux.
Je prends l’exemple de Français Authentique.
J’ai créé Français Authentique en 2011, en partant de rien du tout. Il n’y avait rien qui n’existait sur le sujet. Et aujourd’hui, Français Authentique a une certaine notoriété, et on peut dire que ce projet a été une réussite.
Donc je peux me dire « Waouh, Français Authentique a marché, on a plus de 2 millions d’abonnés, on a une grande communauté dans le monde entier, je suis vraiment trop fort, c’est grâce à moi, je suis le meilleur. » Ou alors, je peux me dire « Non, mais en fait, j’ai eu de la chance, j’ai créé ça au hasard, sans trop réfléchir, en 2011, et le fait que ça ait marché, c’est purement de la chance et de la réussite.
Et moi, j’ai tendance à toujours voir l’équilibre, un petit mélange entre deux extrêmes. Et c’est clair et net que je ne vais jamais dire « Français Authentique a réussi, c’est grâce à moi, je suis trop fort », ça, je peux te le garantir, mais je ne vais pas non plus dire, devant une fausse modestie, « Ah, ben non, j’ai eu de la chance ».
Ce que je pense au fond de moi, c’est que j’ai eu de la réussite à créer Français Authentique à une époque où les gens en avaient besoin. Je pense que ce serait plus difficile aujourd’hui, par exemple, parce qu’il y a beaucoup plus de saturation dans les contenus, etc. Mais je reconnais qu’au-delà de la chance que j’ai eue, il y a aussi eu mon travail qui a payé.
J’ai travaillé dur, j’ai exécuté. Avoir une idée, c’est facile ; l’exécuter, c’est plus compliqué. J’ai travaillé dur alors que j’avais déjà une famille et un travail salarié.
Donc, je pense que j’ai un certain mérite à avoir porté Français Authentique et à l’avoir amené là où il est. Ce n’est pas pour autant que je dis que tout est grâce à moi ; je suis vraiment conscient d’avoir eu la chance de le faire au bon moment, d’avoir rencontré de bonnes personnes dans l’équipe. Je vais pas les citer, mais j’ai une équipe formidable qui m’aide, et c’est tout cet écosystème, la chance, les bonnes rencontres et mon travail qui font que ça marche.
Donc, tu vois, cette maxime : « l’amour propre est le plus grand de tous les flatteurs », il faut vraiment la garder en tête, et l’application, c’est de se dire : « Tu vois, quand on commence à être fier de quelque chose, ou quand les autres vont nous dire : « Ah, tu as fait ça, c’est génial », demandons-nous si on n’est pas en train de nous flatter nous-mêmes. »
La deuxième maxime, c’est « On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on s’imagine ». Et celle-là, je la trouve très, très sympa, parce qu’en fait, ce qu’elle signifie, c’est que quand tu vas bien, c’est jamais aussi parfait que tu ne le crois, et quand tu ne vas pas bien, ce n’est jamais aussi grave que tu le crois. Il y a une histoire de balance, d’équilibre là aussi.
Et par exemple, tu sais, des fois, on a organisé des vacances parfaites, à l’endroit parfait, on se dit : « Ça va être génial » et on est un peu déçu quand on y est. Ou d’autres fois, on vit une épreuve qu’on pensait être insurmontable, surmontable, par exemple la perte d’un proche, une séparation, et en fait on s’en sort.
Donc, c’est jamais aussi grave qu’on ne le pensait, et c’est jamais aussi bien qu’on ne le pensait. Et l’application ici, c’est d’être mesuré dans sa vie. Ne pas chercher les hauts et les bas en termes d’émotion. Chercher la stabilité, la sérénité.
Et je te renvoie ici à une vidéo, je vais te mettre le lien dans la description, de Barack Obama que j’avais expliqué. C’était un enseignement de Barack Obama qui m’avait beaucoup plu. Je ne parle pas ici de l’homme politique, du président des États-Unis, on s’en moque. C’est vraiment l’aspect, un contenu que j’avais trouvé génial.
Je te mets le lien, mais il expliquait en substance qu’il cherchait à ne pas être trop haut ou trop bas en termes d’émotion. Troisième maxime : « Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d’autrui. » Celle-là, elle est top. Ici, les maux, c’est M-A-U-X, c’est pas les mots écrits, c’est les maux, le pluriel de mal, un mal des maux. Donc, ça nous explique qu’on est tous très forts quand le malheur touche les autres, quand c’est pas nous qui sommes touchés.
Et tu vois, un exemple du quotidien, ce serait : on a un ami qui divorce ou qui perd son travail, et nous, on va lui dire : « Il faut que tu sois fort », on va lui donner des conseils, etc.
On va être très fort, on va avoir plein de force. Mais, par contre, si il nous arrive la même chose, qu’on perd notre travail ou qu’on divorce, là, on va s’effondrer. Donc, on a tous assez de force pour supporter les mots d’autrui. Et je trouve que cette maxime, l’application pour nos vies, c’est d’être humble, d’avoir de l’humilité face à la souffrance des autres. Donc, être humble et empathique, c’est-à-dire souffrir avec eux, souffrir pour eux.
On passe à la quatrième maxime.
Elle est un peu plus complexe, mais tu vas voir qu’elle est très puissante aussi. « La passion fait souvent un fou du plus habile homme et rend souvent les plus sots habiles. » Donc, ici, la passion, ça veut dire les émotions. Un habile homme, c’est quelqu’un qui a des compétences, des capacités.
Ça peut être de l’intelligence ou autre chose, mais quelqu’un qui est doué. Un sot, c’est quelqu’un qui, en principe, n’est pas très intelligent, qui n’a pas beaucoup de compétences. Et donc, ce qu’il nous dit, c’est que la passion, elle rend les gens qui ont des compétences fous, et elle a tendance à rendre les gens qui ne sont pas très intelligents, qui n’ont pas trop de compétences, habiles.
Donc, ça donne des compétences à ceux qui n’en ont pas. Donc, même les personnes les plus intelligentes deviennent stupides quand elles sont emportées par la passion.
Et à l’inverse, des personnes qui sont peu douées peuvent devenir habiles quand elles sont animées par une passion. Ils retournent un peu les choses.
Un exemple du quotidien, ce serait une personne super intelligente mais amoureuse qui fait des choses qui n’ont aucun sens. Elle devient finalement un peu stupide à cause de sa passion, alors qu’elle est intelligente.
Ou quelqu’un qui est très intelligent mais qui va tout dépenser ou qui va perdre tout son argent au poker à cause des émotions, de la passion.
Et à l’opposé, tu peux avoir une personne qui a peu de compétences, qui n’a jamais vraiment rien fait, mais qui est capable de faire les plus grandes choses pour sauver son enfant, par exemple. Ou une personne qui se dit être nulle en langue, mais qui, grâce à la passion du français, à la passion de la culture, arrive à apprendre la langue française. Tu vois ?
Donc, l’idée, c’est qu’il faut d’une part se méfier des passions et des émotions qui nous rendent aveugles, mais il faut aussi tirer le meilleur des passions qui peuvent nous booster et nous permettre de réussir de grandes choses. D’accord ?
J’espère que c’est clair. La cinquième maxime, c’est que la félicité est dans le goût et non pas dans les choses. Ici, la félicité, c’est-à-dire le bonheur. Donc, il nous dit que le bonheur, il ne dépend pas de ce qu’on a. Donc, il n’est pas dans les choses, mais il dépend de ce qu’on apprécie. Il est dans le goût. Le goût, ici, c’est le fait que nous apprécions ce qu’on a.
Et on connaît cet exemple : tu prends deux personnes qui ont le même salaire, le même type de travail, le même type de maison, la même situation familiale. Et tu en as une qui est heureuse et l’autre qui ne l’est pas.
Ça existe. On a rencontré des personnes comme ça. Et ça aurait tendance à prouver finalement que ce qui est important, ce n’est pas la chose en elle-même, ce n’est pas notre situation, c’est ce qu’on pense de notre situation, la façon dont on apprécie notre situation, et l’application, c’est de dire : avant de vouloir changer des choses majeures de notre vie, commençons par travailler sur notre regard, sur la façon dont nous voyons les choses de notre vie, et commençons à éprouver de la gratitude.
Et ça, j’ai un exemple personnel : j’ai pensé pendant un moment que déménager, vivre ailleurs qu’où je vivais à l’époque, ça me rendrait plus heureux. Ça fait maintenant cinq ans que je ne vis plus en France, j’ai pensé que vivre ailleurs me rendrait plus heureux. Alors qu’en fait, non.
Vivre ailleurs, ça peut être une belle expérience, ça peut t’apporter des choses, mais ça ne te rend pas plus heureux. Et je pense que j’aurais pu aussi plus me focaliser sur les belles choses de ma vie qu’il y avait à cette époque. Et je donnerai très bientôt des nouvelles sur l’évolution de ma situation personnelle, pour ceux que ça intéresse évidemment.
Bien sûr, ici, il faut mettre un petit bémol pour cette maxime, c’est que bien sûr, quelqu’un qui n’a pas à manger, pas à boire, pas de toit. Pour lui, on ne peut pas dire que le bonheur, c’est juste un goût intérieur. Les conditions matérielles sont un prérequis. La maxime, elle devient vraie seulement quand on a un minimum.
Quand on a un minimum, là, on peut se dire que le bonheur vient surtout de ce qu’on pense et pas de ce qu’on a. Mais pour quelqu’un qui n’a rien, ce n’est pas vrai.
Sixième maxime, le vrai moyen d’être trompé, c’est de se croire plus fin que les autres. Se croire plus fin, c’est-à-dire se croire plus malin, plus intelligent que les autres. Donc, ce que veut dire cette maxime, c’est que la meilleure façon de se faire avoir, la meilleure façon d’avoir des problèmes, c’est de penser qu’on est plus malin que tout le monde. Et on a tous vu ça.
L’arnaque fonctionne toujours mieux chez quelqu’un qui pense qu’il ne risque rien, que dans tous les cas il est plus malin, il est invulnérable. Donc, cette maxime nous appelle à être encore une fois humble, à demander des avis, à écouter les autres, à douter de ses certitudes, à ne pas se sentir intouchable, à se dire : « Il peut m’arriver des choses mauvaises, je peux souffrir, parce que je ne suis pas le meilleur du monde et parce que tout le monde peut avoir des problèmes », d’accord ?
Donc, ça ramène un petit peu la philosophie aussi de Taleb dans « Le signe noir », où il nous explique que parfois des grands événements extérieurs peuvent détruire, anéantir et toucher n’importe qui. Donc, soyons prêts et ne nous disons pas que nous sommes plus fins que les autres.
Et, enfin, la dernière maxime, elle est assez amusante, celle-là : « On ne donne rien si libéralement que ses conseils ». Ici, « libéralement » ça veut dire librement, avec facilité, et ça veut dire que la chose qu’on offre le plus facilement, ce sont nos conseils, même si on ne nous les a pas demandés. On a tendance à vouloir toujours donner notre avis, toujours conseiller les autres, même sans qu’on nous le demande.
Et on le voit sur Internet. Tout le monde a toujours un avis sur tout, et tout le monde donne toujours son avis sans avoir les compétences. Les commentaires YouTube sont bourrés de personnes qui se disent spécialistes de géopolitique. Je le vois sur tous les conflits majeurs. Les gens parlent des pays du Moyen-Orient, par exemple, ou de l’Iran sans savoir où c’est sur la carte, ou en confondant énormément de choses liées à l’histoire ; donc, tout le monde parle sans savoir vraiment.
Je le vois aussi sous les vidéos YouTube de « Français Authentique ». Dieu merci, je suis préservé des critiques, mais il arrive que des gens disent : « Ce que tu dis, c’est nul », « Mais n’importe quoi, c’est ennuyeux » ; et je prends toujours le temps de regarder les critiques constructives, des gens qui vraiment partagent des choses qui sont intéressantes et qui peuvent m’aider à mieux faire. Mais, par contre, des critiques non constructives comme celle-là, qui en plus n’ont pas été demandées, je les trouve un peu bêtes, surtout venant de personnes qui ont un terme pseudonyme, qui n’ont probablement jamais enregistré de vidéos YouTube de leur vie, parce qu’ils n’en ont ni la capacité ni le courage, et qu’ils se permettent de critiquer.
C’est ce que Casey Neistat, le célèbre vlogueur américain, quelqu’un qui faisait des vidéos, rappelle dans une vidéo que j’avais trouvée très marrante. Elle disait : « haters are losers ». Donc, ceux qui critiquent sur Internet sont des perdants. Et il l’a fait, comme d’habitude, avec beaucoup de talent, ça m’avait plu.
Mais ici, cette maxime t’indique, si tu veux l’appliquer dans ta vie, qu’avant de conseiller, il faut écouter et bien réfléchir. Être sûr que ce que tu vas dire apporte quelque chose à la personne, parce que parfois, il n’y a rien à dire, en fait. Et je suis le premier à vouloir toujours conseiller mes amis, ma famille, évidemment, sans qu’ils me le demandent.
Donc, cette maxime s’applique à tout le monde. Donc voilà, j’espère que ça t’a plu. Je t’invite, si tu le peux, à jeter un œil à la version gratuite des maximes de La Rochefoucauld, parce que lire, c’est un des meilleurs moyens de progresser.
Et lire La Rochefoucauld, c’est apprendre du français qui est dense, apprendre la culture française et progresser dans ta vie. Donc tu peux, avec ce type de contenu, apprendre le français sans stress, en prenant du plaisir.
À titre personnel, il m’a aidé et il m’aide toujours à mieux réfléchir, à être plus posé, plus serein, et ça, c’est quand même une des bases pour avoir une vie sereine et centrée. Je t’invite, si ça t’intéresse, à suivre le quiz dans la description de cette vidéo, qui te permet de tester ton français. Donc, il y a 10 questions et tu as une note sur 10, et tu peux évaluer ton niveau de français. Bien sûr, si tu as déjà fait le test, aucun souci, tu peux le faire de nouveau, puisque les questions changent à chaque fois. Donc, fais le test dès maintenant. Tu peux partager ton score en commentaire, ou tu peux me dire en commentaire ce que tu penses de ces maximes.
Est-ce qu’il y a une maxime qui t’intéresse plus que les autres ? Est-ce que tu connaissais La Rochefoucauld ? On lit tous les commentaires, donc c’est toujours intéressant pour nous de lire vos avis. Merci du fond du cœur à tous ceux qui laissent des commentaires, et c’est encore plus sympa sous les vidéos de « Café avec Johan », donc laisse ton commentaire, s’il te plaît.
Si tu veux m’aider, aime la vidéo, partage-la avec tes amis, et bien sûr, tu peux t’abonner à la chaîne YouTube de « Français Authentique » en activant les notifications. Merci d’avoir passé ce moment avec moi aujourd’hui, et je te dis à très bientôt pour un nouvel épisode de « Café avec Johan ». Salut ! Merci.
L'article Cet écrivain français m’aide à penser (Café avec Johan 19) a été publié la première fois sur Français Authentique.