Une fois par mois, la journaliste Laurène Daycard convie un·e chercheur·euse parmi les plus pointu·e·s sur les questions de genre : philosophes, sociologues, anthropologues, littéraires et politistes… pour apprendre, douter aussi parfois, et surtout mieux penser en profondeur la société.Crédits Un podcast de Binge audio et de L’Institut du genre. Préparé et animé par Laurène Daycard et réalisé par Thomas Plé. Production : Soraya Kerchaoui-Matignon, Albane Fily et Camille Khodor. Composition...
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Episode List

Mécanismes d'(in)visibilisation : où sont les femmes artistes ?

Oct 22nd, 2024 8:17 AM

« Le plus souvent dans l'histoire, “anonyme” était une femme ». Ces mots de Virginia Woolf résument bien ce dont il est question dans cet épisode. Que ce soit via des mécanismes de ségrégation, de hiérarchie sexiste ou d’invisibilisation a posteriori, le travail et la vie artistique des femmes a longtemps été masqué voire dévalorisé, alors même que ces femmes pouvaient être extrêmement reconnues à leur époque. L'histoire de l’art a donc été écrite sans elles à partir du XIXe siècle. Il aura fallu l’émergence d’une pensée critique féministe à partir des années 1970, doublé d'un changement de regard, de travaux de recherche et des initiatives par les commissaires d'exposition, les musées ou les activistes pour, à la fois, casser le mythe du « génie masculin » et réhabiliter la production artistique des femmes, de la préhistoire jusqu'à notre présent.Quelles sont les différences entre invisibilité, oubli et invisibilisation ? Quels ont été les phénomènes et processus à l’œuvre de la Renaissance à nos jours ? En quoi le XIXe siècle constitue-t-il l’apogée et un moment pivot en termes d’effacement des œuvres féminines ? Qu'est-ce qui permet de voir autrement et de faire surgir au regard des œuvres invisibilisées? Comment réintégrer le point de vue féminin dans l’écriture de l’histoire culturelle et faire passer les femmes de sujets à actrices sociales ?Pour répondre à ces questions, Laurène Daycard reçoit Magali Nachtergael, professeure à l’Université Bordeaux Montaigne, responsable du parcours en études de genre et membre du Conseil scientifique de l’Institut du Genre.Références citées dans l'épisode :Quelles histoires s’écrivent dans les musée. Récits, contre-récits et fabrique des imaginaires, par Magali Nachtergael, éditions MKFHistoire de l’art d’un nouveau genre, Anne Larue, éditions Max MiloThe Guerrilla Girls' Bedside Companion to the History of Western ArtL’homme préhistorique est aussi une femme de Marylène Patou-Mathis, Allary EditionsLinda Nochlin, Pourquoi n'y a-t-il pas eu de grands artistes femmes? (1971), tr. fr. 2021: https://boutique.centrepompidou.fr/fr/product/10092-pourquoi-t-il-pas-eu-de-grands-artistes-femmes.htmlLaura Mulvey, "Plaisir visuel et cinéma narratif" (1975), trad. Gabrielle Hardy, https://debordements.fr/plaisir-visuel-et-cinema-narratif/Griselda Pollock, Rozsika Parker, Maîtresses d'autrefois - Femmes, art et idéologie (1981), tr. fr. 2024: https://lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=11484Le dernier ouvrage de Charlotte Foucher Zarmanian, Créatrices en 1900. Femmes artistes en France dans les milieux symbolistes (2024): https://www.ehess.fr/fr/ouvrage/cr%C3%A9atrices-en-1900Le dernier ouvrage de Magali Nachtergael, Soccer Moms: Chroniques d'une femme au bord d'un terrain de foot, 2024, : https://www.librairie-des-femmes.fr/livre/9782384313617-soccer-moms-chroniques-d-une-femme-au-bord-d-un-terrain-de-foot-magali-nachtergael/Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Naturaliser l'infériorité des femmes

Sep 24th, 2024 4:00 AM

Si l’on se souvient des Lumières pour ses grandes avancées intellectuelles, le XVIIIe siècle revêt également une face plus sombre : un socle de la domination patriarcale. À cette époque, de nombreux textes philosophiques et scientifiques ont brandi la rationalité et l’objectivité pour justifier une infériorité supposée naturelle des femmes qu’elles porteraient dans leur corps : c’est ce qu’on appelle la naturalisation.Par quels arguments les discours scientifiques et médicaux des Lumières ont-ils légitimé les différences entre hommes et femmes et leur hiérarchisation ? Comment rendre compte de ce processus de naturalisation et de normalisation ? Quelles contraintes de genre et quelles pathologies cette naturalisation génère-t-elle ? Quelles traces de ce processus subsistent dans notre société actuelle ?Pour répondre à ces questions, Laurène Daycard reçoit l’historienne et maîtresse de conférence Nahema Hanafi, membre du laboratoire TEMOS et du Conseil scientifique de l’Institut du Genre, autrice de la thèse Le frisson et le baume. Expériences féminines du corps au Siècle des Lumières (éd. PUR, 2017). Elle explique comment les savoirs du XVIIIe siècle reflètent la domination masculine de l’époque, mais aussi la domination raciale et un certain ordre du genre. RÉFÉRENCES CITÉES DANS L’ENTRETIEN Retrouvez toutes les ressources citées à l’adresse https://www.binge.audio/podcast/fairegenre/naturaliser-l’inferiorite-des-femmesCRÉDITSFaire Genre est un podcast co-produit par Binge Audio et l’Institut du Genre. Préparation et animation de l’entretien : Laurène Daycard. Prise de son : Paul Bertiaux. Réalisation : Thomas Plé. Direction de production : Albane Fily. Production : Camille Khodor & Naomi Titti. Édition : Paloma Tisaire & Naomi Titti. Composition musicale : Alexandre Delmaere. Identité graphique : Upian.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Changer les règles du jeu : la mixité à l’école

Aug 27th, 2024 4:00 AM

Dans les cours d’écoles, le plus souvent les garçons sont maîtres des terrains de sport tandis que les filles restent cantonnées aux jeux plus calmes, en périphérie. Et dans les cours d’EPS, c’est pareil : alors même que garçons et filles sont mélangé·es depuis des décennies, la mixité ne suffit toujours pas à transcender les différences genrées. Quand et comment la mixité s’est-elle mise en place à l’école en France ? Pourquoi les stéréotypes de genre persistent-ils, voire s'accentuent-ils dans les cours d’EPS, malgré la mixité ? Comment créer des environnements scolaires plus inclusifs et équitables ? Pour explorer ces enjeux, Laurène Daycard s'entretient avec Loïc Szerdahelyi, maître de conférences en STAPS à l’Université Claude Bernard Lyon 1, membre du conseil scientifique de l’Institut du Genre et auteur de la thèse « “Femmes d’action”. Parcours d’enseignantes d’EPS en France, des recrutements séparés à la mixité des concours (1941-1989) » (2014). Selon lui, il est essentiel de dépasser la binarité fille-garçon pour promouvoir une véritable égalité de genre. RÉFÉRENCES CITÉES DANS L’ENTRETIENRetrouvez toutes les ressources citées à l’adresse https://www.binge.audio/podcast/fairegenre/changer-les-regles-du-jeu-:-la-mixite-a-l’ecoleCRÉDITSFaire Genre est un podcast co-produit par Binge Audio et l’Institut du Genre. Préparation et animation de l’entretien : Laurène Daycard. Prise de son : Paul Bertiaux. Réalisation : Thomas Plé. Direction de production : Albane Fily. Production : Camille Khodor & Naomi Titti. Édition : Paloma Tisaire & Naomi Titti. Composition musicale : Alexandre Delmaere. Identité graphique : Upian.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Scènes de désirs et de fantasmes

Jul 23rd, 2024 4:00 AM

Si le mouvement #MeToo nous a appris une chose, c’est que les rapports de pouvoir sont loin de s’arrêter aux portes de la chambre à coucher. Nos désirs les plus intimes sont pris dans des normes de genre et de sexualité, mais aussi dans des logiques capitalistes. Par exemple, la pornographie s’est construite comme un marché qui met en images nos fantasmes, qui rend excitants certains corps et certains gestes, en s’appuyant sur un regard masculin qui serait mû par une “pulsion”.Est-ce que la pornographie influence nos désirs, ou est-ce l’inverse ? Quelle est la différence entre désir et fantasme ? Comment opèrent les processus d’érotisation ? Que signifie être “pris·e” dans le fantasme d’un·e autre ? Désirer nous définit-il comme sujets ? Comment la naturalisation du désir justifie-t-elle des violences ?Dans ce nouvel épisode de Faire Genre, Laurène Daycard dresse un panorama de la sociologie du désir avec Mathieu Trachman, sociologue à l’INED et enseignant à l’EHESS. Dans son ouvrage « Le travail pornographique. Enquête sur la production des fantasmes » (éd. La Découverte, 2013), l’invité met en regard ses observations du fonctionnement de cette industrie avec les analyses féministes du male gaze, du fétichisme ou encore de l’échange économico-sexuel.RÉFÉRENCES CITÉES DANS L’ENTRETIEN Retrouvez toutes les ressources citées à l’adresse https://www.binge.audio/podcast/fairegenre/scenes-de-desirs-et-de-fantasmesCRÉDITSFaire Genre est un podcast co-produit par Binge Audio et l’Institut du Genre. Préparation et animation de l’entretien : Laurène Daycard. Prise de son : Paul Bertiaux. Réalisation : Thomas Plé. Direction de production : Albane Fily. Production : Camille Khodor & Naomi Titti. Édition : Paloma Tisaire & Naomi Titti. Composition musicale : Alexandre Delmaere. Identité graphique : Upian.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Féminicide : mécaniques d’un crime genré

Jun 25th, 2024 4:00 AM

Le féminicide n'a pas attendu d'être nommé pour exister. Dans la presse, les romans ou les tribunaux français, il a été longtemps été question de “crime passionnel” ou de meurtre “par amour”. Puis des mouvements féministes et des recherches parties de l’Amérique latine ont permis d’affiner la définition du féminicide pour comprendre ce crime dans sa dimension genrée : le meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme.Comment identifier un féminicide ? Quelle est l’histoire de ce terme, comment s’est-il imposé dans le débat public et juridique ? Quelles sont les mécaniques du crime de féminicide ? Pour répondre à ces questions, Laurène Daycard reçoit la chercheuse Margot Giacinti, qui a décortiqué  les archives judiciaires du Rhône sur la période de 1791 à 1976 pour rédiger sa thèse : Quand il n’y a pas mort d’hommes : Socio-histoire du féminicide en France (1791-1976) (ENS Lyon, 2023). Margot Giacinti est docteure en science politique de l'ENS de Lyon, rattachée au laboratoire Triangle (UMR 5206), et elle a exposé en 2019 les résultats de ses travaux lors du 2e Congrès international de l'Institut du Genre "Genre et émancipation", organisé en partenariat avec l'Université d'Angers.RÉFÉRENCES CITÉES DANS L’ENTRETIEN Retrouvez toutes les ressources citées à l’adresse https://www.binge.audio/podcast/fairegenre/feminicide-mecaniques-dun-crime-genre CRÉDITSFaire Genre est un podcast co-produit par Binge Audio et l’Institut du Genre. Préparation et animation de l’entretien : Laurène Daycard. Prise de son : Paul Bertiaux. Réalisation : Thomas Plé. Direction de production : Albane Fily. Production : Camille Khodor & Naomi Titti. Édition : Paloma Tisaire & Naomi Titti. Composition musicale : Alexandre Delmaere. Identité graphique : Upian.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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